À vous de jouer !

23-07-2008 13:00:38

À vous de jouer !

Ci-contre l’accroche d’un conte. Il vous appartiendra de me donner des pistes pour une éventuelle suite. Sinon, rassurez-vous, je lui offrirai une fin.

Il était une fois, dans une petite maison landaise protégée par des biches, une adolescente aux cheveux d’or vénitien prénommée Sylvie.
Elle ne connaissait pas ses origines, ses souvenirs les plus anciens se résumant à sa découverte émerveillée de ce monde fascinant livré aux oiseaux et à des animaux peu farouches.
Elle avait auprès d’elle pour la servir et l’aimer une vieille servante qui avait perdu la mémoire. Comment étaient-elles arrivées dans cet univers paisible ? Elles n’en avaient aucune idée.
Par contre, il s’avérait qu’elles avaient connu un environnement tout à fait différent puisqu’elles avaient en commun l’horreur du bruit et des conversations animées. Elles parlaient peu, favorisant les actes.
Marie la servante entretenait la maison avec amour, cuisinait avec ardeur tandis que Sylvie s’ingéniait à doter l’habitation rustique de bouquets champêtres. Elle aimait aussi dessiner et broder et ne manquait pas d’imagination, aimant à raconter par le biais de l’aiguille des histoires colorées où des reines vivaient dans la hantise de se voir détrôner par une jeune et belle dame d’atour. Comme les hommes sont inconstants ! soupirait-elle et aussitôt elle s’interrogeait sur l’origine de cette découverte. Elle n’avait aucun souvenir concernant un prince ou un serviteur. D’où lui venaient donc ces soupçons sur le côté volage de la gent masculine ? Qui étaient ses parents ? Elle ne pouvait pas répondre à cette dernière question, ce qui ne manquait pas de la troubler.
Cependant les tâches ne manquaient pas et elle n’avait guère le loisir de pousser plus avant ses velléités de retour aux sources de son enfance.
Un jour, elle ressentit une étrange impression : un cavalier s’approchait de leur domaine.
Marie, effrayée, se cacha dans le cellier, incitant la jeune fille à l’imiter.
Sylvie préféra affronter le danger car ces lacunes de vie lui pesaient et elle souhaitait en finir avec ces zones d’ombre qui l’empêchaient de se projeter dans le futur.
Le cavalier s’avéra être un jeune homme d’aspect agréable. Il portait de jolies bottes qui luisaient avec élégance, soulevant son feutre qui cachait une cascade de boucles blondes.
Sylvie eut un éblouissement et s’évanouit.
Lorsqu’elle reprit ses sens, elle était seule, allongée sur la courtepointe de son lit de chêne, apparemment intacte.
Un rubis avait été délicatement déposé sur l’oreiller en compagnie d’un parchemin.
Voici ce qu’elle lut « Dame Rosemonde, j’ai chevauché de par le monde et c’est une alouette qui m’a guidé jusqu’à vous. Je reviendrai auprès de vous car, sachez-le, vous êtes pour moi ce que j’ai de plus précieux sur cette terre. Votre Louis »
Profondément ébranlée par ce message, Sylvie se redressa sur son séant, rangea le parchemin et le rubis dans un coffret où elle remisait ses trésors et s’en fut à la recherche de Marie.
Elle la trouva recroquevillée et terrifiée.
Pour une fois, les rôles furent inversés. Sylvie fit flamber un grand feu de bois sec dans la cheminée, frictionna sa servante avec des huiles essentielles et prépara le repas, en l’occurrence une omelette parsemée de copeaux de truffe.
Les deux femmes mangèrent en silence.
Il parut déplacé à Sylvie de rendre compte à sa servante de ce que l’on pouvait appeler une aventure.
Elle préféra taire les éléments nouveaux qui lui avaient été offerts comme une belle énigme intéressante à résoudre. De plus, elle n’avait pas oublié le flamboiement de la chevelure de Louis.
Ainsi, elle était sa dame et se prénommait Rosemonde ! Fort heureusement, Marie était trop choquée pour remarquer la rêverie inhabituelle de sa maîtresse. Elle mangea peu et se retira promptement, laissant la jeune femme à ses pensées.


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Ingrid est libre !

4-07-2008 14:34:11

Ingrid est libre !

Ingrid est libre ! Cette nouvelle a éclaté comme un soleil perforant une mer de nuages noirs. On rêvait tellement de sa libération qu’on a eu de la peine à y croire et lorsqu’elle est apparue en tenue de camouflage avec un chapeau de brousse coiffant sa longue tresse brune couronnant sa tête comme une liane, on a eu envie de s’agenouiller avec elle sur le tarmac.
Ingrid est libre ! Cette phrase extraordinaire, on aimerait la prononcer dans toutes les langues du monde, même en chinois !
Tenez-vous bien, tyrans de toute espèce, Ingrid est là et bien là ! Ses propos ont surpris par leur sagesse et leur sens aigu de la politique.
On la croyait à l’article de la mort, elle a pu dissimuler ses innombrables blessures sous la carapace de son indéfectible aura.
Ingrid est libre, le monde nous apparait soudain plus lumineux. Un sursis d’amour et de paix, voilà ce que cette femme hors du commun nous apporte de Bogotá. Tâchons d’être à la hauteur et de saisir cette parcelle de liberté qu’elle incarne ; la flamme d’Olympie, c’est elle, dans toute sa beauté et sa grandeur.
Ingrid est de retour, plus belle et plus forte qu’autrefois. Ecoutons la, regardons la, cette femme est un miracle.


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A propos de l'équipe de France

21-06-2008 15:50:48

Hatem et Djibril, gardez le sourire ! On n’a pas retenu votre candidature, tant mieux ! Vous aurez ainsi échappé au désastre de l’équipe de France. Je n’avais pas éprouvé une telle amertume depuis la lecture de la mort du Roi Arthur, célèbre épopée qui voit Lancelot trop vieux succomber sous les coups d’adversaires fougueux. Quelle était, en l’occurrence, la stratégie du sélectionneur ? Il s’agissait pour les cadres de transmettre le flambeau des valeurs de l’équipe de France aux cadets qui se trouvèrent ainsi ravalés à l’état de pions évoluant sur un échiquier où les têtes couronnées tentaient de mener le bal, parfois même du banc de touche ! Franck Ribéry avait eu ces paroles prémonitoires « les italiens vont nous rentrer dedans ». Avec son habituelle générosité, il tenta de refouler à lui seul toutes les attaques. Las ! Il dut mettre genou à terre au bout de 9 minutes et sortit sur un brancard. La messe était dite.


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La chanson de Lilwen

17-06-2008 9:04:34

La chanson de Lilwen

Les larmes de la nuit m’ont nimbée de lumière et je suis partie à la recherche des sources perdues. J’ai suivi le chemin des lucioles, marchant sur la mousse pour ne pas déranger le rossignol. Lorsque enfin je suis arrivée au bord de la rivière, j’ai écarté les roseaux et les jacinthes sauvages pour offrir à la terre le filet d’eau pure qu’elle attendait pour renaitre et voir refleurir les vergers.
Jadis la fée Viviane m’offrit tous ses secrets. J’ai traversé les âges avec la mission d’aider les hommes à préserver le don précieux qui leur a été fait à la mort des mammouths. Mais hélas ! toute la magie de ma marraine a été impuissante face à la cupidité croissante des ingrats qu’elle avait comblés.
J’ai encore en mémoire l’odeur des blés et de la vigne ; la laine des agneaux couvre mon corps d’une cape neigeuse, chaude comme les braises où brulent les marrons. Je veux que ce monde perdu renaisse de ses cendres et que l’on retrouve la douceur des soirs d’automne, les grappes de raisin, les couleurs enfiévrées des feuilles qui tourbillonnent en annonçant les soirs de fête où l’on vibrera au son de la cornemuse.
Moi, Lilwen, la belle, celle que tout le monde vénérait pour sa beauté, je suis prête à quitter ces rives mais auparavant, je me dois de former celle qui me succèdera pour veiller sur les terriens.
Ensuite je partirai dans la barque du Roi Arthur et je rejoindrai le bel aréopage au royaume d’Avallon.


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AIME CESAIRE

14-06-2008 9:47:09

Sur la mort du poète

Les funérailles du chantre de la négritude nous ont offert, à nous qui vivons dans l’hexagone, une leçon d’humilité.
Les textes d’Aimé Césaire magistralement mis en valeur par une orchestration subtile ont repoussé le chef d’état et sa délégation aux frontières de ces royaumes dont seuls les poètes ont la clef.
Celui qui croyait honorer, par sa présence, la dépouille sacrée s’est trouvé marginalisé, l’ordre maître-serviteur s’étant curieusement inversé.
« Oui, monsieur, nègre je suis, nègre je reste. Peu me chaut votre présence. Vous me voulez au Panthéon ? Trop tard, cher ami. Il fallait être présents, vous et vos pareils lorsque j’honorais l’Assemblée d’un discours ciselé et que mon regard bleu horizon ne rencontrait que le vide. Le nègre vous salue. Sa dépouille franchira la route bosselée par les racines de l’arbre qui joint les deux rives. »
Puissent les métropolitains comprendre le message ultime du grand homme qui incarne la France multiple, pas seulement au football !
Vive Aimé Césaire !


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Chanson du Vieil Amant

14-06-2008 9:45:10


Chanson du vieil amant

Te souviens-tu, ma reine, ma mie, du galop des chevaux qui annonçaient mon retour ?
Te souviens-tu, ma reine, ma mie, de nos retrouvailles sous la pluie ? Les roses jaillissaient des rochers en forme de seins et je m’y promenais comme un aveugle, en tâtonnant sur les rives du bonheur.
Te souviens-tu, ma reine, ma mie, de ces joyeux festins sur les berges souveraines de mes compagnons d’équipée, tous amoureux de toi, tous frustrés et jaloux de l’étoile que tu accrochais sur mes boucles blondes ?
Te souviens-tu, ma reine, ma mie… Las, j’ai oublié ce que je voulais dire. Il ne me reste de ce grand et fol amour qu’une chanson qui trotte dans ma tête et me donne la migraine.
Dans ces quatre murs où l’on m’a enfermé, je voudrais dissoudre la pierre et y creuser un nid comme les oiseaux.
Dis moi, ma reine, mon amie, viendras-tu me chercher et m’arracher à l’éternelle nuit qui aveugle mes jours ?
J’ai oublié ton nom. Était-ce Lucile, Viviane ou encore Fleur de rêve ? J’entends les vautours au-dessus de ma tête. Par pitié, viens me chercher.


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SPORT

30-05-2008 9:23:55

Le 29 mai 2008
Moitié huron, moitié gaulois quant au visage, Djibril Cissé, le guerrier au grand cœur et aux chaussures rouges, le corps superbement tatoué, a dû s’effacer. Que lui dire, si ce n’est que nous l’aimons, que nous avons en mémoire sa bravoure et que nous apprécions la remontée du diable vauvert qu’il a faite après deux terribles blessures ? Nous savons qu’il est un excellent buteur et nous pensons qu’il pourra revenir dans l’équipe de France, nous qui aimons cet homme dont la première grande joie consista à éloigner sa mère des tâches ménagères subies pour élever ses enfants. Un ballon, c’est un peu de magie, c’est un rêve d’enfant, surtout lorsqu’il atteint son but. A bientôt Djibril !
Il s’est retrouvé dans le même hélicoptère, l’enfant terrible du football, Hatem Ben Arfa, le magicien du dribble. Sans doute a-t-il été écarté en raison de sa maestria ? Il est vrai que ce combattant des pelouses met toute son ardeur dans la prise du ballon. Ce feu follet qui irrite l’adversaire court avec obstination, s’avance ballon au pied avec rage et curieusement, au moment où il suffit de conclure, laisse échapper l’occasion. C’est un peu comme si une danseuse étoile enchaînait avec une grâce inégalée les fouettés et les entrechats puis abandonnait le prince qui l’attendait pour un savant pas de deux.
Mais sans doute suis-je injuste. Des buts, il y en a eu dans sa jeune carrière. Il formait avec Karim Benzéma et Nasri une sorte de trio magique qui semblait inégalable. Le sélectionneur avait certainement envisagé des scénari où le génial Ben Arfa n’avait pas sa place. Il est très jeune. Nous sommes rassurés : il reviendra.


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PRESENTATION DE MES OUVRAGES

28-05-2008 16:33:49


Je me présente : je me nomme Marguerite-Marie Roze, née Denimal. Je suis née dans le Nord et j’ai vécu jusqu’à l’âge de 30 ans dans ce pays chti si longtemps décrié, si magnifiquement mis à la mode par Dany Boon aujourd’hui.
Dans mon dernier livre Contes des royaumes oubliés, la nouvelle liminaire porte un nom en langue picarde : L’accordéoneu. J’avais écrit ce texte avant la parution du film. Une petite phrase tournait en moi comme une ritournelle : « On l’appelait ainsi l’accordéoneu…» Il ne me restait plus qu’à écrire la suite. Certes, ce n’est pas la première fois que je donnais à ma région natale « ma préférence à moi ». Dans mon premier livre de contes, Contes du grand ouest où cascadaient les contes inspirés par la région où je vis actuellement, les Landes, je terminais cet ouvrage par une nouvelle intitulée La péniche bleue qui concrétisait les rêveries que j’éprouvais, adolescente, en me promenant sur les berges du canal, seul lieu qui pouvait se référer à la nature dans ce pays minier où mon père avait fini par échouer. C’est cette nouvelle que le journaliste Jean-Louis Le Breton a souhaité que je lise pour clore l’interview qui m’était consacrée sur une station locale au nom évocateur : Radio d’Artagnan.
Dans le recueil À l’ombre des cerisiers en fleurs, je rends hommage aux créations des tullistes qui ont fait la fortune de la petite ville de Caudry, berceau de ma famille.
Mais pourquoi tous ces contes, me direz-vous ? Pourquoi avoir privilégié ce mode d’expression ? C’est sans doute parce qu’il permet d’aborder par un biais qui se veut plaisant tous les thèmes variés que l’on rencontre dans la vie. Il y a, bien sûr, la réactivation des contes célèbres. Le domaine du chat botté dans À l’ombre des cerisiers en fleurs est une suite du fameux chat botté de Perrault. Dans certains contes, les animaux ont une place prépondérante. Je me suis référée à la thèse de Bruno Bettelheim qui donne un sens à cette présence animale. Lorsque les jeunes filles ne sont pas prêtes à rencontrer l’amour, il est bon que l’écrivain mette sur son chemin un animal qui l’aidera à comprendre les méandres de l’amour.
Dans mes contes, on voit des chats, des oiseaux, des loups et chaque fois, cet animal n’est pas présent pour le décor mais bien pour apporter une touche à l’édifice qui est en train de se construire.
Les contes du temps présent offrent une perspective différente. Je m’inspire de la réalité de notre temps, parfois de celle qui fait mal, parfois de l’engouement pour le football décuplé depuis la coupe du monde gagnée en 1998, le siècle dernier ! Cette pirouette pour expliquer que certains joueurs sont entrés dans la légende. Dans le conte Le Talisman, un joueur est nommé l’idole. Il n’est pas nécessaire de préciser son nom. Dans ce recueil, je fais la partie belle à la chanteuse Diams dont j’admire le talent et la fougue.
Il arrive également que certains contes fassent référence à la haute gastronomie française. De grands noms sont prononcés, notamment celui de Bernard Loiseau. Quelques cartes sont proposées, dont celle de Francis Chauveau au restaurant les Pêcheurs à Antibes. C’est avec leur permission que j’ai reproduit les plats, entrées et desserts proposés sur leur carte. Si certains plats vous intéressent, vous les trouverez réellement en déjeunant chez eux ! Sinon, faites comme moi, contentez-vous de rêver !
Certains contes me sont inspirés par une image, un mot, une scène. Ainsi dans La Princesse Etoile qui aura de nombreuses suites, la trame de l’histoire m’a été donnée par l’observation d’un tableau charmant. A la fin de l’été, une pluie bénéfique avait creusé près du rideau de bambous qui ornent mon jardin un jacuzzi improvisé et j’ai pu me délecter d’une scène charmante : un oiseau s’élançait dans ce bain et s’ébrouait avec ravissement. Je livre la première phrase du conte : « C’est en voyant un chardonneret s’ébrouer dans un jacuzzi improvisé dans le rideau de bambous que Clémentine prit la décision de partir au-delà de la colline pour découvrir le monde. » À l’auteur de jouer ensuite pour prendre le relais. Heureusement une brave fée erre dans mes livres, elle est parfois nommée, la fée des lilas, mais elle aime apparaître sous les traits d’une vieille dame, comme dans Les fées ne meurent jamais, conte qui ouvre À l’ombre des cerisiers en fleurs. Elle n’abandonne ni les mignonnes jeunes filles harcelées par un prince méchant ou la dureté des temps ni l’auteur qui risquerait de connaître la panne.
Un rien peut me servir de déclic. Ainsi ai-je écrit Le prince au torque d’or à partir d’une simple pancarte à l’entrée de Mont-de-Marsan située dans les Landes : La ville aux trois rivières. La phrase initiale du conte est très simple : « En ces temps-là, les rivières allaient par trois ». Puis il fallait créer un personnage à la hauteur du cadre : « Un prince venu du Nord chevauchait avec une redoutable efficacité ». Quant à ses aventures, elles m’ont été inspirées par le souvenir de l’engouement de mon plus jeune fils pour les jeux vidéo. A la recherche d’indices qui doivent lui permettre de trouver la princesse, il franchit les portes de plusieurs palais et en retire soit un joyau soit une déconvenue en forme de retour à la case départ. Cependant je n’écris pas de conte qui privilégie uniquement l’aventure. Même si elle est constamment présente, je lui associe les valeurs humanistes universelles, l’amour des êtres humains, la lutte contre les fléaux, la guerre, l’importance donnée aux enfants, à leur éducation, aux activités artistiques, à la poésie qui illumine le monde.
Dans tous mes ouvrages, j’ouvre la porte à cette poésie qui m’a donné le goût de l’écriture. A l’âge de dix ans, j’ai écrit mon premier poème lors d’une étude du soir à l’internat que je vivais très mal. A l’époque mon unique ami était un arbre que j’apercevais au dortoir. J’aurais voulu quitter cet univers cruel et enviais Peter Pan. Pas étonnant qu’on retrouve ce merveilleux personnage dans À l’ombre des cerisiers en fleurs !
Que n’aurais-je pas donné pour fuir le latin que j’ai enseigné pourtant avec bonheur durant les premières années de ma vie professionnelle !
Quant à la poésie, je ne l’ai jamais oubliée et je lui accorde une place prépondérante dans Les nuits bleues du rossignol, lui offrant l’amour pour unique compagnon. J’ai également privilégié les textes courts à portée poétique, parfois historique. Ces textes forment la traîne des féeriques personnes qui évoluent dans mes ouvrages, rencontrant parfois des êtres voués au malheur. Chez Boucle d’or dans Contes du grand ouest présente un personnage qui m’a été inspiré par Patrick Diils et sa terrible histoire. De même Eveil au monde dans Contes du temps présent propose une petite fille à tête d’ange, au grand cœur. Elle souhaite aider tous les enfants malheureux puisqu’elle a la chance d’être riche, belle et en bonne santé. Ce sont les filles de Jean-Pierre Papin qui m’ont inspiré cette histoire car s’il a des filles qui ressemblent à « la fée de 10 ans » qualifiée ainsi par le comité de lecture de Publibook, il a aussi une fille qui souffre et pour qui toute la famille, y compris « les petits anges » se dévoue soir et matin.
Au lycée de Douai où je souffrais terriblement, les contes de fées m’apportaient du réconfort. De plus, j’ai fait la connaissance en classe de cinquième du monde de la chevalerie et je me suis trouvé un relais culturel. Les légendes de Brocéliande, la geste Arthurienne m’ont fortement impressionnée et l’on retrouve tout naturellement cette source d’inspiration dans bon nombre de mes contes, les plus étoffés étant La rose noire dans Contes du temps présent et Les compagnons de la rose noire dans À l’ombre des cerisiers en fleurs.
Toutefois je leur donne une dimension universelle qui n’existait pas dans les textes originels. J’aimerais que cette lutte sourde entre les deux mondes révélés à l’époque des croisades, le monde oriental et le monde occidental avec le choc des croyances et des coutumes prenne fin. Tout serait si simple si nous nous acceptions tels que nous sommes, avec notre histoire, en toute fraternité. Je milite donc à mon niveau pour que cessent ces querelles. De nombreux contes portent cette empreinte de tentative de bonheur universel.
Mais je crois, à présent, qu’il est temps que je m’efface et que je vous souhaite bonne lecture de ces contes et nouvelles que j’ai écrits, pour ma part, avec beaucoup de bonheur. J’attends à présent les remarques des lecteurs, leurs dessins peut-être. Peu douée pour le dessin, j’éprouve une grande admiration pour ceux qui maîtrisent cet art. Il en va de même pour les couturiers, les brodeuses que l’on rencontre souvent dans mes livres et tous les artistes de manière générale.
Mais chut, retirons-nous sur la pointe des pieds….


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ACTUALITES

28-05-2008 16:31:00

Lettre à Ingrid

Qui a oublié les accents pathétiques de Bossuet annonçant la mort funeste de Madame, vraisemblablement empoisonnée « Madame se meurt, Madame est morte ! » ?
Ingrid, qu’ont-ils fait de ta grande beauté, ces geôliers cruels qui prétendent œuvrer pour la liberté ? Grise sur fond gris, tu nous es apparue, tête baissée, longs cheveux de femme âgée, portant tes chaînes comme une incroyable parure, celle du martyr.
La jungle, vois-tu, on se l’imaginait luxuriante, pleine de couleurs et d’oiseaux du paradis. Or c’est une vision de désolation que l’on nous a offerte, pour nous rassurer parait-il ! au goût de cendre. Un champ de bataille de la guerre 14-18 ou l’un des camps de concentration du génocide de la 2nde guerre mondiale nous viennent en flash.
Tu es aux portes de la mort, Ingrid, peut-être même les as-tu franchises à l’heure où j’écris. J’en veux terriblement à tous les chefs d’état qui se sont emparés de ton destin pour te laisser mourir. Que diront-ils lorsque la nouvelle fatale nous parviendra ? « On a tout tenté ». C’est faux. Rien n’a été fait.
Il fallait, chère Ingrid, pour te sauver réellement que tout le peuple de France se mobilise et cesse ses enfantillages, lâchers de ballons, tee-shirts à ton image etc.…Tout le peuple de France massé face aux Farc, voilà ce qui aurait pu te sauver. Les Farc n’auraient rien pu faire contre un peuple rassemblé.
Dans l’imaginaire français, des silhouettes féminines éclatent comme des soleils, Sainte Blandine livrée aux bêtes, Jeanne d’Arc boutant les Anglais hors de France et périssant sur un bûcher allumé par ceux qu’elle était venue sauver.
De même ceux pour qui tu luttais, voulant leur donner une place dans le pays que tu chérissais t’ont honteusement enchaînée et ont essayé de t’avilir, en vain. Ce que nous retenons surtout, c’est ta brillante intelligence et ton sens du combat demeuré intact.
Ingrid, je formule mille vœux pour que l’on te sorte vivante de cet enfer et que l’on punisse tes infâmes geôliers car ils ne méritent aucun pardon.
Ingrid, je souffre de toutes ces occasions manquées, lorsque des émissaires ou des journalistes rencontraient ces soi-disant révolutionnaires qui se pavanaient devant les caméras en se donnant de l’importance.
Que n’ont-ils profité de ces moments précieux pour te porter secours ou t’enlever au lieu de rapporter des images ou des scoops pour leur profit ou leur aura !
Ingrid, je te loge en mon cœur, espérant que ce contact te maintienne en vie.
Vive Ingrid Betancourt ! Vive son combat digne du Panthéon ! Aujourd’hui, nous sommes tous Colombiens !


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Dernier livre paru :

Contes des royaumes oubliés

Nouvelles

Dans une maison de retraite, une dame âgée qui a perdu la mémoire délire et prête à son prince charmant les aventures les plus folles; un jeune accordéoniste mène une vie de bohème, du Nord à la Bretagne, en fuyant et rencontrant l’amour; une femme se voit plongée dans une vie de couple imaginaire suite à une dépression nerveuse… Les solitudes se créent, s’effacent, les rêves perdurent…

Version papier : 20,00 € / 176 pages

Version pdf : 10,00 €



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